Qu’est ce que la réhabilitation psychosociale ?


Selon le docteur Robert-Paul LIBERMAN, c’est aider la personne à:

– Apprendre des habiletés et obtenir les soutiens,

– Pour vivre de la façon la plus indépendante possible avec une intégration dans les milieux ordinaires de vie,

– Dans une vie significative qui offre une satisfaction et un sentiment d’efficacité personnelle.

Le programme de réhabilitation par la reprise d’activités est innovant pour les armées mais il s’inspire de modèles existants dont la réussite est confirmée depuis plusieurs années, en France et à l’étranger. Voici quelques-uns de ces modèles :

  • Les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM) : Vers 1930 les Alcooliques Anonymes ont fait la démonstration que le partage et l’échange d’expériences représentaient une réponse thérapeutique efficace. A partir de 1950, des associations d’usagers en santé mentale ont également contribué à prouver la pertinence de la pair-aidance. L’utilisation par les malades de leur propre expérience est aujourd’hui une variable majeure dans le processus de rétablissement des autres. Depuis 2005 en France se sont développés les GEM. Ce sont des espaces de vie où les personnes se retrouvent pour se rencontrer, parler (groupe de parole), participer à des activités et la plupart des structures sont autogérées : les personnes rompent l’isolement, retrouvent des responsabilités si elles le souhaitent et une place active dans la société. 
  • Le modèle IPS : (Individual Placement and Support) ce modèle clinique d’intégration au travail mis en œuvre depuis 1998 aux USA, s’est avéré plus efficace que les autres méthodes de retour à l’emploi pour les personnes souffrant de troubles psychiques. Le bénéficiaire est accompagné par un spécialiste (agent IPS) qui l’assiste dans son choix d’activité et l’aide à se maintenir dans un emploi compétitif. L’agent IPS collabore étroitement avec les cliniciens qui s’occupent du traitement du bénéficiaire. Il soutient également l’employeur, selon des modalités concertées et co-construites avec le bénéficiaire.                                                      
  • Association Messidor : Son objectif social est de proposer un travail et un accompagnement adaptés aux personnes handicapées psychiques pour qu’elles retrouvent une vraie place dans la société. Pour ce faire, travailler en réseau et privilégier un management participatif figurent parmi les principes essentiels de cette association.
  • Association Clubhouse : Ce modèle offre un lieu d’activités de jour non médicalisé, créé pour et avec des personnes fragilisées par des troubles psychiques. Ce sont des « membres » et non des patients ! La philosophie d’un clubhouse est fondée sur la conviction que le potentiel inexploité de chacun peut être développé collectivement dans une ambiance de compréhension, de participation et de partage amical. On dénombre près de 350 clubhouses dans 30 pays avec partout des résultats probants en termes de qualité de vie et d’insertion. 
  •  Association GEIST-Mayenne : son objet est de faciliter la construction de parcours de vie pleinement choisis et désirés par les personnes en situation de handicap, en perte d’autonomie ou en situation de vulnérabilité, et d’œuvrer à l’émergence d’une société plus inclusive, bienveillante à l’égard des différences et facilitatrice des parcours d’inclusion.
  • Les maisons relais : La maison relais (ou pension de famille) est une forme particulière de résidence sociale, associant la jouissance de logements privatifs à la présence de lieux collectifs. Un hôte (ou un couple d’hôtes) est chargé du fonctionnement de la maison, ainsi que de son animation et de sa convivialité. Conçues pour favoriser le lien social, elle offre un environnement de vie à taille humaine : les logements y côtoient des espaces collectifs pour favoriser la convivialité et les relations quotidiennes entre résidents. Un « hôte » salarié, acteur clé du projet social, organise des animations et apporte aux résidents une aide dans la vie quotidienne.